Robert Phan

Robert Phan est né en 1950 au Vietnam. Naturalisé français en 1955, comme toute sa famille, après les Accords de Genève sur l’Indochine.

Il a fréquenté le Lycée Banville à Moulins de 1962 à 1967, puis a fait des études universitaires (droit, économie, histoire) à Paris.

Engagé depuis 50 ans dans des associations de solidarité et d’entraide, il a travaillé dans des collectivités territoriales comme collaborateur des élus, et dans le privé comme consultant à l’organisation des entreprises et formateur au commerce. Diplômé de l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), il a entrepris des recherches sur la colonisation et la décolonisation dans les pays de l’ex-Indochine.

 

Bibliographie
Romans historiques :

Enfants des rizières – Histoire d’une migration
Livre I – L’engagement
CoolLibri.com – 2021, 182 pages

Enfants des rizières – Histoire d’une migration
Livre II – Une famille indochinoise
CoolLibri.com – 2021, 151 pages

C’est l’histoire de migrants indochinois devenus Français, après Diên Biên Phu, après la décolonisation et les Accords de Genève de 1954 sur le Vietnam, le Laos et le Cambodge.
Comment cette famille lao-vietnamienne est-elle devenue une famille naturalisée française ? Quelles ont été les multiples étapes de sa migration, de son intégration dans la société française, dans le Bourbonnais et en région parisienne ?
Aujourd’hui, à l’heure de la retraite, un certain nombre d’enfants de rapatriés d’Indochine, nostalgiques, reviennent vivre dans le Bourbonnais, à Noyant, à Varennes, à Vichy, ou à Moulins.

Ces deux livres sont distribués par la librairie « Le Moulins aux lettres ».

Enfants des rizières Histoire d’une migration – Livres I & IIPrésentés à La Caravane du livre d’Yzeure – Samedi 6 novembre 2021 de 10h à 18h

Dans ces deux premiers livres « Enfants des rizières – Histoire d’une migration », Robert Phan raconte le parcours singulier de sa famille lao-vietnamienne, venue des rizières de l’Indochine, alors occupée par les forces armées françaises et japonaises. Il prend prétexte du récit de cette histoire familiale pour dérouler la grande Histoire de France dont les pages sombres de la colonisation restent parmi les plus méconnues des Français.

Collaborer avec l’armée d’occupation française ou résister à la fois contre la colonisation et contre le fascisme japonais est l’une des questions existentielles qui traversent ces livres de part en part :

«J’ai voulu laisser une trace des pas de notre père et de notre mère tous deux enfants de cultivateurs, tous deux enfants des rizières, lui, instituteur lao, engagé dans l’armée coloniale française à la suite d’un drame familial, elle, cuisinière vietnamienne, dont les deux frères sont résistants, en lutte contre le colonialisme français et le fascisme japonais.»

Pourquoi notre père a-t-il fait le choix du protectorat français et non celui de l’engagement dans la résistance indochinoise face à l’armée coloniale et au fascisme japonais, comme l’avait fait son ami Chim ? »

Robert Phan nous parle du vécu mouvementé de sa famille durant le long parcours entre les rizières indochinoises, la guerre, et le pays d’accueil, la France, la vie difficile mais paisible au camp des rapatriés d’Indochine, dans les corons de Noyant d’Allier, au cœur du Bourbonnais. Puis en région parisienne, dans le bouillonnement de l’après mai 68.

Il donne surtout à voir une autre perception de l’histoire coloniale de la France, ou plutôt des deux France, celle de Jules Ferry, homme politique important de la IIIème République, qui a justifié la colonisation en 1885, à la Chambre des députés, en déclarant : « les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures » ; et la France de Jules Roy, célèbre journaliste, écrivain renommé, ayant obtenu de nombreux prix littéraires, ancien résistant contre le nazisme, officier avec le grade de Colonel, qui, après avoir été témoin des crimes du corps expéditionnaire au Vietnam, jugeant que l’armée française se déshonorait par les massacres de masse, la torture utilisée dans cette guerre, en juin 1953, a démissionné de l’armée coloniale en déclarant : « Ce n’était vraiment pas la peine d’avoir fait la guerre contre les nazis pour devenir à notre tour les nazis de l’Indochine ».

En France, dans les années 1950, d’autres intellectuels, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir des Temps modernes, ou la rédaction de Témoignage chrétien, de l’Humanité, se sont opposés à la 1ère guerre d’Indochine. Sans compter de simples citoyens arrêtés, emprisonnés pour avoir manifesté et demandé : « La paix en Indochine ! ». Mais la majorité des Français soutenait les différents gouvernements engagés militairement dans cette guerre de reconquête, en oubliant les souffrances du peuple français sous l’occupation de l’armée allemande entre 1940 et 1945. Combien de Français savent que l’armée coloniale française a occupé l’Indochine durant près d’un siècle, de 1858 à 1954, infligeant aux peuples du Vietnam, du Laos, du Cambodge, les mêmes horreurs (massacres de civils, tortures, villages incendiés, viols…) que celles infligées par les soldats allemands et les nazis aux Français ?

Dans un va-et-vient permanent entre la petite histoire de sa famille et la grande Histoire de France, Robert Phan tente de rétablir une certaine vérité historique trop souvent occultée dans les livres scolaires, avec l’objectif de rassembler les Français dans une Histoire commune apaisée, pour mieux bâtir en toute transparence, un destin commun, solidaire et fraternel, imprégné d’un brin de philosophie bouddhiste, tolérante et pacifique.

Dans le Bourbonnais

À Noyant, Robert Phan nous raconte son intégration de 1962 à 1967, ses années d’adolescent, de lycéen au Lycée Banville à Moulins. Il nous parle de la bonne entente entre Français du bourg et les «rapatriés indochinois » des corons, entre les catholiques et les bouddhistes à Noyant où, au milieu des corons, a été érigée une pagode depuis 1983, non loin de l’Eglise du bourg. La plupart des Noyantais indifféremment participent aux cérémonies à l’Eglise et à la pagode. C’est là une particularité du vivre ensemble noyantais peu connue des Bourbonnais, certains Noyantais sont à la fois catholiques et bouddhistes, et vivent en harmonie avec les deux spiritualités conjuguées.

Varennes-sur-Allier, Robert Phan, habite depuis 2016. Il a profité de la crisesanitaire et du confinement dû au Covid pour écrire le long parcours de sa famille venue des rizières d’Indochine jusqu’en France, dans le Bourbonnais (voir article de La Montagne).
Il nous parle de l’accueil chaleureux de ses voisins, de son insertion dans la vie de la commune, de son implication dans la vie associative.

Il pose de nombreuses questions ouvertes sur son identité française, son identité bourbonnaise, des questions qui rejoignent celles posées par l’ensemble des familles, issues des anciennes colonies d’Afrique et d’Asie, devenues françaises par naturalisation.

Cette famille de Français naturalisés après la décolonisation, comment s’est-elle adaptée à la société française, a-t-elle souffert de discriminations ? Après quatre générations, ces Français issus des Enfants des rizières sont-ils devenus des Français à part entière ?

Lire l’article paru dans La Montagne en mai 2021.

Enfants des rizières – Histoire d’une migration
Livre III – La naturalisation En cours d’écriture, à paraître début 2022

Enfants des rizières – Histoire d’une migration
Livre IV – L’intégration A paraître fin 2022

Essais historiques et politiques :

Laos 1975-1976 : De la royauté à la Ière République
Immersion dans la révolution lao
Hoà Binh 1978, 380 pages

Laos 1983-1993 : Notes de voyages
Hoà Binh 1993, 170 pages

Laos : De l’Indépendance vers la démocratie
Hoà Binh 1996, 185 pages

Régimes communistes, économies capitalistes
Chine, Viêtnam, Laos
Hoà Binh 2014, 620 pages

Épuisé, réédition et réactualisation prévues courant 2022

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